Naviguer dans le monde des rémunérations en entreprise ressemble parfois à préparer un long voyage en mer : il faut connaître ses repères, ses balises et ses points de passage obligatoires. Je vous propose aujourd’hui de faire le point sur la grille SMH 2026 chez Airbus, ces salaires minima qui constituent le socle de rémunération pour l’ensemble des collaborateurs du groupe. Cette nouvelle grille, applicable depuis le 1er janvier 2026, découle de l’accord salarial signé le 26 mars 2025 par FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT.
Comprendre les montants de la grille salariale 2026
Les salaires minima hiérarchiques annuels pour 2026 s’échelonnent de la classe 1 à la classe 18, avec des montants qui varient selon votre classe d’emploi et votre régime de temps de travail. Cette architecture me fait penser aux différents types d’embarcations : chacune a ses caractéristiques propres.
Pour les classes les plus basses, les montants démarrent à 23 668 euros annuels pour la classe 1 en 35 heures, et atteignent 23 788 euros pour la classe 2. À partir de la classe 3, plusieurs régimes coexistent : vous pouvez être en 35 heures, en forfait avec référence horaire, ou en forfait annuel en jours. Par exemple, un salarié en classe 9 percevra au minimum 32 909 euros en 35h, 37 846 euros en forfait horaire, ou 42 783 euros en forfait jours.
Les classes supérieures présentent des montants nettement plus élevés. Un collaborateur en classe 14 bénéficiera d’au moins 46 652 euros en 35h, 53 651 euros en forfait horaire, ou 60 649 euros en forfait jours. Quant aux classes cadres les plus élevées, elles culminent à 122 011 euros annuels pour la classe 18 en forfait sans référence horaire.
| Classe | 35h (€) | Forfait horaire (€) | Forfait jours (€) |
|---|---|---|---|
| Classe 3 | 25 984 | 29 882 | – |
| Classe 6 | 27 983 | 32 180 | – |
| Classe 9 | 32 909 | 37 846 | 42 783 |
| Classe 12 | 39 942 | 45 934 | 51 925 |
| Classe 14 | 46 652 | 53 651 | 60 649 |
Cette grille a connu une augmentation de 1,78% sur les 14 niveaux concernés par la négociation, soit les classes 3 à 16. Cette évolution s’inscrit dans la continuité de l’accord RELOAD du 6 février 2023, qui avait instauré le principe d’une rémunération annuelle répartie sur 13 mois.
Les spécificités pour les jeunes collaborateurs de moins de 27 ans
Une particularité notable existe pour les salariés de moins de 27 ans occupant un emploi de classe F11 ou F12. Cette rampe de lancement vise à accompagner progressivement l’acquisition d’autonomie et de responsabilités en début de carrière, même si ce dispositif suscite des interrogations légitimes sur l’égalité de traitement.
Pour un collaborateur en classe 11 de moins de 24 ans, le salaire minimum annuel s’établit à 33 036 euros en 35h, 37 992 euros en forfait horaire, ou 42 947 euros en forfait jours. Ces montants évoluent au 1er janvier de l’année suivant le 24ème anniversaire pour atteindre 35 513 euros, 40 840 euros et 46 167 euros respectivement.
La classe 12 suit une logique similaire : les moins de 24 ans perçoivent au minimum 34 902 euros en 35h, tandis que les moins de 27 ans bénéficient de 37 257 euros. À compter du 1er janvier de l’année suivant leur 27ème anniversaire, ces jeunes salariés accèdent aux montants du barème unique, soit 38 566 euros pour la classe 11 et 39 942 euros pour la classe 12 en 35 heures.
Les mécanismes d’application des minima salariaux
Comprendre quand et comment votre rémunération est ajustée aux minima ressemble à maîtriser les marées : il faut connaître les moments clés. La mise au SMH mensuel n’intervient que dans trois situations précises : lors de votre embauche, en cas de promotion vers une classe supérieure, ou lors d’un changement de durée du travail.
Pour calculer votre SMH mensuel, le montant annuel est simplement divisé par 13, et non par 12 comme dans la métallurgie classique. Cette méthode diminue mécaniquement les montants mensuels par rapport à ce que vous pourriez anticiper. Concrètement, si vous êtes en classe 5 avec un SMH annuel de 27 314 euros, votre SMH mensuel sera de 2 101 euros.
Les éléments pris en compte dans le calcul du SMH annuel comprennent :
- L’ensemble des éléments de rémunération bruts versés en contrepartie du travail
- Les avantages en nature figurant sur votre bulletin de paie
- Toutes les sommes supportant les cotisations de sécurité sociale
En revanche, plusieurs éléments sont exclus de ce calcul : la prime d’ancienneté, la part variable pour les cadres, les primes pour travaux pénibles ou dangereux, les contreparties d’organisations particulières comme les astreintes, et l’épargne salariale. Cette distinction est fondamentale pour comprendre votre situation réelle.
Le complément annuel de rémunération comme filet de sécurité
Si au terme d’une année civile, votre rémunération totale se révèle inférieure au SMH annuel de votre classe, un mécanisme correctif s’active. Un complément annuel de rémunération vous sera versé sous forme d’indemnité différentielle, avant fin mai de l’année suivante. Cette approche me rappelle les vérifications d’étanchéité après une navigation : on fait le bilan et on corrige si nécessaire.
Attention pourtant, cette indemnité différentielle ne constitue pas du salaire à proprement parler et n’est donc pas acquise définitivement. Elle peut être diminuée ou perdue en cas de passage sur un emploi de classe inférieure. De même, si vous bénéficiez d’une augmentation de salaire l’année suivante, cette dernière réduira d’autant le montant de l’indemnité différentielle.
Un point important concerne les heures supplémentaires : leur réalisation peut augmenter suffisamment votre rémunération annuelle pour annuler le versement du complément. Cette règle découle directement de l’accord RELOAD, lui-même issu de la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022.
Je constate qu’il existe une réelle complexité dans ces dispositifs, et je comprends que naviguer entre ces différentes règles demande une attention particulière. L’évolution du point d’ancienneté mérite également votre attention : il progressera de 50% de la politique salariale la plus élevée du groupe pour deux ans, avec une réunion d’analyse prévue début 2027.
